Fin 2025, 95 000 personnes vivant avec le VIH étaient sous traitement antirétroviral au Togo, contre 7 900 en 2007. En près de vingt ans, l’accès au traitement a fortement progressé, alors que plusieurs indicateurs de l’épidémie sont également en baisse.
La prévalence du VIH est passée de 3,5 % à 1,6 %. En quinze ans, les nouvelles infections ont diminué de 70 % et les décès de 73 %. Ces avancées sont notamment attribuées à la mise en œuvre de quatre plans stratégiques nationaux successifs. Pour Vincent Pitché, qui quitte la lutte contre le VIH après une vingtaine d’années d’engagement pour prendre la direction de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), ces résultats doivent désormais être consolidés.
« Je quitte temporairement le navire de la lutte contre le VIH, mais je suis et resterai un membre actif de la riposte, car je serai toujours sur le même fleuve du secteur de la santé au Togo et dans la sous-région », a-t-il confié.
Le principal défi concerne aujourd’hui le financement. Les ressources internationales consacrées à la lutte contre le VIH sont en baisse, une tendance qui se confirme également dans le nouveau cycle de financement du Fonds mondial pour 2027-2029.

« L’évaluation du niveau des financements effectivement dépensés dans la lutte contre le VIH en 2025 confirme la tendance à la baisse des budgets internationaux et doit nous interpeller collectivement pour réfléchir sur la pérennité des programmes », souligne Vincent Pitché.
Cette baisse des financements soulève la question du maintien des résultats obtenus malgré des ressources de plus en plus limitées.
« Le défi majeur pour notre pays dans les prochaines années est de savoir comment pérenniser les bons résultats obtenus face à la baisse continue des financements disponibles », indique-t-il.
Parmi les pistes proposées figurent une meilleure concentration des ressources sur les interventions à fort impact, le renforcement des synergies entre acteurs et l’augmentation du financement domestique. Vincent Pitché préconise également d’intégrer, à moyen terme, le paquet minimum de services VIH dans l’offre de soins de l’Assurance maladie universelle.
Après les progrès enregistrés dans l’accès au traitement et la réduction de l’impact du VIH, le Togo doit donc désormais relever un nouveau défi : assurer la continuité de la riposte et préserver les acquis malgré la baisse des financements internationaux.
Sandrine TCHAMIE











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