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Togo/Kara : la propriété intellectuelle, nouvel allié des jeunes agroentrepreneurs
Togo/Kara : la propriété intellectuelle, nouvel allié des jeunes agroentrepreneurs

Togo/Kara : la propriété intellectuelle, nouvel allié des jeunes agroentrepreneurs

À Kara, les jeunes entrepreneurs agricoles ne sont plus seulement invités à produire et à transformer. Ils sont désormais appelés à protéger ce qu’ils créent. Les 11 et 12 août 2026, la ville accueille la deuxième session d’un atelier consacré à la propriété intellectuelle et à la valorisation économique des innovations agroalimentaires. Une initiative qui place la protection des marques, des procédés et des créations au cœur de la compétitivité des produits togolais.

Organisée avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du ministère de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques et de l’Institut national de la propriété industrielle et de la technologie (INPIT), cette rencontre veut donner aux jeunes agroentrepreneurs des outils capables de transformer leurs innovations en véritables actifs économiques.

Protéger une innovation, c’est aussi protéger sa valeur

Dans l’agroalimentaire, une bonne idée peut rapidement devenir un produit à succès. Mais sans protection juridique, cette réussite peut aussi attirer les imitateurs. Le nom d’une marque, son logo, un procédé original de fabrication ou encore l’identité d’un produit constituent autant d’éléments susceptibles de créer de la valeur et qu’il convient de sécuriser.

« Une marque qui n’est pas enregistrée peut être copiée très facilement. Un produit original peut perdre sa valeur s’il n’est pas bien protégé », rappelle DJIWA Oyétoundé, chargé de programme à la FAO au Togo.

Derrière cette sensibilisation se joue donc un enjeu économique majeur : permettre aux jeunes entreprises de bâtir des marques solides, de préserver leur originalité et de mieux se positionner sur le marché.

La transformation locale comme moteur de croissance

Cette démarche accompagne également les ambitions du Togo en matière de transformation des produits agricoles. Le pays veut faire progresser la part des produits agricoles transformés localement de 19 % à 40 %.

Pour y parvenir, la simple production de matières premières ne suffit plus. La transformation, le conditionnement, le développement des marques et la protection des innovations deviennent des leviers essentiels pour augmenter la valeur ajoutée créée localement.

Le projet TCP/TOG/4002, dédié à la promotion de l’entrepreneuriat agricole des jeunes au Togo, s’inscrit dans cette dynamique. D’après les données communiquées par la FAO, 164 plans d’affaires élaborés par des jeunes ont déjà été réceptionnés et 27 ont fait l’objet de missions d’approfondissement sur le terrain.

Des mécanismes concrets pour sécuriser les créations

À Kara, les participants découvrent notamment les différents mécanismes de propriété intellectuelle disponibles dans le cadre de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Marques, brevets, secrets d’affaires et marques collectives figurent parmi les outils présentés.

Cette session régionale intervient après une première formation organisée à Lomé les 21 et 22 juillet 2026. Le choix de Kara traduit ainsi la volonté des partenaires de rapprocher l’expertise et les outils de propriété intellectuelle des jeunes entrepreneurs installés en dehors de la capitale.

Pour ces derniers, l’enjeu dépasse largement la formalité administrative. Il s’agit de comprendre que l’innovation n’a de véritable portée économique que lorsqu’elle peut être identifiée, protégée et valorisée.

À travers cette initiative, la FAO , le ministère de l’Agriculture et l’INPIT cherchent à faire évoluer les réflexes entrepreneuriaux. Produire davantage, certes, mais surtout produire mieux, créer de la valeur et sécuriser cette valeur.

Pour les jeunes agroentrepreneurs de Kara et d’ailleurs, le message est désormais clair : une innovation protégée est une innovation qui peut mieux grandir. Dans la course à la transformation locale et à la compétitivité des produits togolais, la propriété intellectuelle pourrait ainsi devenir l’un des ingrédients les plus précieux de la réussite.

Magnim MALAZOUE