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Santé : l’automédication, un geste aux conséquences redoutables
Santé : l’automédication, un geste aux conséquences redoutables

Santé : l’automédication, un geste aux conséquences redoutables

Prendre un comprimé sans avis médical pour calmer un mal de tête est un acte quotidien. Pourtant, ce geste ordinaire cache un problème majeur de santé. En Afrique, l’automédication s’est ancrée dans les habitudes des familles et des jeunes, entrainant des complications sanitaires graves.

L’automédication est la pratique par laquelle un individu choisit et consomme un médicament de sa propre initiative, en l’absence de tout diagnostic, prescription ou suivi direct par un médecin ou un professionnel de santé habilité. Elle concerne généralement l’utilisation de traitements en vente libre ou le réemploi de médicaments issus de prescriptions passées conservés dans la pharmacie familiale, dans le but de soulager des symptômes  courants  ou  passager.

Pourquoi opter pour l’automédication ?

Plusieurs facteurs expliquent la popularité de cette pratique. D’une part, l’éloignement des centres de santé et les coûts élevés des consultations incitent à chercher des alternatives. D’autre part, les vendeurs ambulants du marché informel proposent des médicaments au détail pour 100 à 200 francs CFA, offrant un soulagement immédiat à moindre coût. Enfin, les conseils de l’entourage, la minimisation des symptômes et le manque d’éducation sanitaire renforcent l’habitude de se soigner soi-même.

« Les causes sont multiples, particulièrement en Afrique subsaharienne. Entre l’éloignement des centres de santé, les longues files d’attente, les coûts des examens et la vente de médicaments morcelés pour 100 ou 200 francs chez la bonne dame du coin, le choix de la facilité prévaut. », explique  TOUMILIWA Ahomedom, Infirmier d’État spécialisé en Santé Publique.

 Des molécules du quotidien aux produits à haut risque

L’usage abusif d’antalgiques et d’anti-inflammatoires courants, comme le Paracétamol ou l’Ibuprofène, expose à une toxicité hépatique, des ulcères gastriques et des complications rénales. Plus grave encore, la consommation empirique d’antipaludéens et d’antibiotiques sans diagnostic préalable masque les infections réelles et alimente la résistance des germes.

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« La prise d’antibiotiques sans prescription entraine la sélection des souches résistants, les bactéries mutent et s’adaptent. Les molécules qui fonctionnaient parfaitement autrefois deviennes inefficaces », avertit TOUMILIWA Ahomedom, Infirmier d’État spécialisé en Santé Publique.

Des conséquences sanitaires à ne pas négliger

Les dangers touchent l’individu et la collectivité. En premier lieu, les reins et le foie sont surmenés par des produits souvent altérés, falsifiés ou périmés. Ensuite, le fait de masquer les symptômes altère le tableau clinique et entraîne un retard diagnostique critique.

Enfin, l’usage inapproprié des antibiotiques alimente l’antibiorésistance, rendant les infections graves difficiles à traiter. Cette pratique est particulièrement dangereuse pour les populations vulnérables : femmes enceintes, enfants de moins de 5 ans, personnes âgées et malades chroniques.

« Prendre un antibiotique sans raison valable, c’est comme utiliser un marteau ou une grue pour tuer une fourmi. Si le médicament ne trouve pas le germe cible, il s’attaque aux bactéries utiles de l’organisme. Progressivement, les microbes s’habituent et développent des résistances », martèle le spécialiste en Santé Publique.

Pour freiner ce fléau, des mesures concrètes s’imposent. Il fautsensibiliser le public aux risques, appliquer strictement la réglementation sur la vente des médicaments de rue et faciliter l’accès financier et géographique aux soins de santé.

L’automédication, bien qu’elle réponde parfois à un besoin immédiat d’atténuer la douleur, ne saurait remplacer un diagnostic médical. Prendre soin de sa santé commence par le respect du bon usage des médicaments et le recours avisé aux professionnels de santé.

Magnim MALAZOUE