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Boissons frelatées : un cocktail dangereux pour la santé
Boissons frelatées : un cocktail dangereux pour la santé

Boissons frelatées : un cocktail dangereux pour la santé

Clandestines, très fortes et cachées derrière de faux emballages, les boissons frelatées font des ravages invisibles chez les jeunes. Vendues comme de simples boissons énergisantes ou à bas prix, elles contiennent un véritable poison capable d’abîmer le corps, de détruire la santé mentale et de gâcher l’avenir de toute une génération.

Tout d’abord, il faut savoir qu’une boisson frelatée est une boisson dont la composition ou le procédé de fabrication ne respecte pas les normes de sécurité et qui peut contenir des substances nocives pour la santé. Vendues en secret ou présentées à tort comme des « boissons énergisantes », elles contiennent de l’alcool artisanal ou du méthanol très toxique. Cette tromperie induit gravement les jeunes en erreur sur ce qu’ils buvaient réellement.

Boissons frelatées : un véritable danger pour l’organisme

Boire ces produits provoque des ivresses très graves et des accidents immédiats. « Lorsque on est ivre, on a perdu le contrôle de ses actes, tout peut arriver à ce moment, comme les accidents  et les bagarres », prévient Wenkourama Jean Claude, addictologue au CHU Kara

Au niveau du cerveau, le mélange de l’alcool et du sucre produit des toxiques qui attaquent les nerfs et détruisent la vitamine B1. Avec le temps, le foie est gravement touché : « On passe du foie qui contient beaucoup de graisse, ce qu’on appelle stéatose hépatique, jusqu’au carcinome hépatocellulaire en passant par la cirrhose », précise-t-il.

Des maladies des reins et des risques de mort subite s’ajoutent à ces dangers. Enfin, « l’addiction à l’alcool va entraîner l’absentéisme et l’école buissonnière », ce qui pousse les jeunes à abandonner l’école.

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Tout changement de comportement doit alerter les proches. L’addictologue insiste sur le passage d’un comportement calme à un comportement agressif ou irritable. Un mauvais sommeil, des paroles incohérentes ou un visage gonflé sont aussi des signes importants.  L’addiction s’installe vraiment quand la personne ne peut plus s’empêcher de boire : « À partir du moment où dès le matin  votre corps réclame d’aller consommer de l’alcool, c’est que vous êtes passé de la consommation récréative à une addiction. »

Parler pour guérir

Pour sortir de cette dépendance, « il faut en parler  Il faut oser le dire, faut pas avoir honte », conseille le médecin. Un suivi médical est souvent indispensable : « Dans plus de 50 % des cas, c’est qu’il y a une autre maladie mentale sous-jacente ».

Malheureusement, le refus d’admettre le problème, la honte des familles et les fausses croyances bloquent les soins. « Nous pensons souvent que l’addiction c’est spirituel, on nous a envoûtés, ce qui rend un peu difficile la prise en charge adaptée », regrette l’expert.

La prévention est la meilleure protection. Le spécialiste donne ce conseil simple aux adolescents : « Il faut choisir son groupe, il faut choisir ses pairs  Si on vous met la pression, il vaut mieux vous retirer  Ne cédez jamais au chantage ! » En cas de problème ou de menace, en parler à ses parents ou aux autorités permet de trouver de l’aide.

La lutte contre ce danger demande l’effort de tout le monde. En associant la prévention, les soins médicaux et le soutien des familles, la communauté pourra briser les tabous et aider les jeunes à retrouver une vie saine.

Magnim MALAZOUE